jeudi 31 décembre 2009

Hooligans : Biographies et autobiographies...

La Noël passée, il reste le grand dilemme de savoir quoi faire avec les étrennes offertes par Tonton Robert ou Mamie Ginette… Alors plutôt que de « jeter » cet argent dans quelques nouveaux jeux de PSP (ou d’autres) voici quelques livres à s’offrir, lectures conseillées pour comprendre ce qu’à pu être le football en Angleterre il y a une vingtaine d’année…

lundi 28 décembre 2009

Quand Rosario fête le 120ème anniversaire de Central…



Rosario avait préparé cette année la Noël dans un enthousiasme exceptionnel et cela même si les Newell’s Old Boys n’avaient pas gagné le titre. Non, Rosario était en fête car les hinchas de Rosario Central ont célèbré le 120ème anniversaire de la Canalla...
C’est donc une grande partie de la ville (la troisième ville du pays, un million d’habitants, située à environ 300 kms au nord-ouest de Buenos-Aires, sur les rives du fleuve Paraná) qui a célébré avec passion le 120ème anniversaire de Rosario Central.
Le Central Argentine Railway Athletic Club a ainsi été fondé le 24 Décembre 1889 par des ouvriers anglais de la société des chemins de fer (Ferrocarril Central Argentino) et tout naturellement le premier Président est un Anglais du nom de Colin Calder (le nom initial fût quant à lui proposé par Thomas Mutton, lui aussi ressortissant du Royaume-Uni). Quand la Central Argentine et la Compagnie des Chemins de Fer de Buenos Aires fusionnèrent en 1903, le club changea alors de nom pour devenir le Club Atlético Rosario Central.
La semaine de fête organisée dans le cadre de cet anniversaire a démontré toute l’expression de la fidélité et de la passion des hinchas auriazul, comme quand des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour y dérouler, étape par étape, mètre après mètre une immense banderole aux couleurs de Central !
Plus de quatre kilomètres de tissu aux couleurs auriazul que les hinchas rempli de fierté et d'enthousiasme ont déployé à travers la ville…
La présentation de ce drapeau géant a été l’élément central des célébrations. Il couvrait la majeure partie de la « procession », qui a duré près de cinq heures. Les organisateurs ont annoncé environ 200 000 personnes venues sur le parcours accompagner ce symbole de la passion canalla, mesurant 4370 mètres de long (un nouveau record mondial)…
Les festivités qui avaient débuté avec un match entre joueurs qui ont été champions avec le club (1971, 1973, 1980, 1987) se sont terminées par un dîner organisé pour plus de 2300 convives dans les salons du Gigante de Arroyito, le stade de Central (officiellement Estadio Dr Lisandro de la Torre) situé dans le quartier Lisandro de la Torre au nord-est de Rosario.


"Fuimos, Somos y Seremos el motivo Central de Rosario"…

samedi 26 décembre 2009

Commando Ultra' 84 : un Mythe, une Foi, un Combat (Vol II)





Trois jour plus tard, c’est un Vélodrome en fusion qui accueille les nouveaux champions d’Europe lors d’un OM-PSG marqué par un but d’anthologie de Basile Boli et de nouveaux affrontements avec les supporters parisiens qui tirent des fusées traçantes vers le Virage Nord et la Tribune Ganay, provoquant la charge des groupes du Virage Sud. Les affrontements continuent à l’extérieur du Vélodrome avec les forces de polices qui avaient pris la décision d’évacuer les supporters parisiens avant la fin du match.


En Septembre 1993, l’OM paie les conséquences de l’affaire VA-OM et les supporters encore plus que tout autre, puisqu’ils seront les premiers punis par la décision de rétrograder l’OM en D2. La tension est à son comble à Marseille avec de nombreuses suspensions de terrain, gardes à vue et interdictions de stade de supporters au bord de la crise de nerf comme lors d’un OM- Metz perdu 0-3 du fait d’un arbitrage orienté et manifestement malhonnête du très peu regretté M.Anton qui provoqua l’envahissement du terrain et l’arrêt du match. Les supporters du Virage Sud bloqués par les forces de Police au bas du Virage réussiront à les contourner en forçant plusieurs grilles et barrages pour pénétrer sur le terrain par le bas de la Tribune Ganay. C’est d’ailleurs après ces incidents que les filets de protection placés sur la fosse séparant le terrain des tribunes furent définitivement retirés.


L’année suivante, l’OM est champion de D2 et doit remonter en D1. Le Commando Ultra organise quelques déplacements inoubliables comme au Pirée contre l’Olympiakos en Coupe de l’UEFA que l’OM joue avec une équipe de D2, en Coupe de France à Paris marqué par de nouveaux incidents et à Nice où les Marseillais pénètrent sur la pelouse pour rejoindre et affronter les supporters Niçois dans la Tribune opposé …


Malgré sa première place obtenu sur le terrain, l'OM est encore sanctionné et obligé pour des raisons financières de rester en D2 durant la saison 95/96 qui sera marquée par de nombreux mouvements de grèves et de contestations du Virage Sud. Malgré tout et contre tous, l'OM remonte en 1ère division à la fin de la saison. Ces deux années de pénitences auront au moins permis de découvrir les « charmes » de la France profonde avec des déplacements à Gueugnon, Châteauroux, Cuiseaux, etc…


Pour la saison 1996/97, le Commando Ultra’ compte à présent près de 2000 membres. Les travaux d’agrandissements du Vélodrome en prévision de la prochaine Coupe du Monde obligent le CU à se répartir en grande partie dans le quart de virage Ganay-Sud et pour le reste de réintégrer temporairement l’emplacement historique dans le Virage Nord.


L’antagonisme entre Ultras et Winners est de plus en plus important, provoquant de violents affrontements au cours d’OM - Lille en Février 1997, et lors du déplacement qui suit à Bordeaux. Le Virage Sud qui n’existe déjà plus « physiquement » du fait des travaux engagés est au bord de l’implosion.


Le Virage Sud entièrement refait peut désormais accueillir 14 000 personnes. Les tensions entre groupes apaisées, la saison 97/98 voit les effectifs du CU augmenter proportionnellement aux nouvelles capacités d’accueil du Vélodrome avec 3900 membres dont 3200 abonnés . Une nouvelle « voile » impressionnante, à l'échelle de la nouvelle superficie de l’emplacement Ultra’ apparaît (Croix Marseillaise bleue sur fond blanc avec l’inscription ULTRAS et la tête de mort historique d’Eric J. placée au milieu).


Parallèlement, les autorités politiques et sportives françaises restent toujours aussi effrayées par le mouvement ultra’ et la proximité de la Coupe du Monde (avec la crainte d’affrontements entre hooligans) provoque la promulgation de la loi Alliot-Marie, qui ne fait que compliquer les choses en interdisant notamment l’introduction de drapeaux dans les stades, lors des déplacements.


L’après Coupe du Monde permet au CU d’atteindre un nombre record de 4711 membres . La saison marque le retour à l’unité du Virage Sud avec un CU et des SW qui n’auront jamais été autant soudés depuis le « FUW ». Cette saison est aussi l’occasion pour le Commando Ultra’ de fêter lors d'OM - Bastia ses 15 ans par un gigantesque « tifo » qui reprend ses emblèmes et symboles. Les 20 ans seront donc fêtés en Août 2004, quelques mois après la 4ème finale européenne de l’OM...


Entre temps les Ultras auront continué d’affirmer leur représentativité notamment lors du mouvement de contestation contre Christophe Bouchet, l’ancien Président Olympien qui devra démissionner devant la fronde menée par les associations de supporters et notamment le CU qui fût à la pointe du mouvement de grève et de protestation engagé par les Virages Sud et Nord à son encontre.


Si dans l’hexagone, les antagonismes avec les autres groupes ultras des principaux clubs français restent, bien entendu, toujours importants, le CU entretient en Europe, des relations privilégiées dans le cadre d’un « jumelage» historique avec les « Ultras Tito Cucchiaroni » de la Sampdoria de Gênes. Des liens d’amitiés sont aussi établis avec le groupe « Original 21" de l’AEK Athènes et les Italiens des « Brigate Autonome Livornese » de l’AS Livourne. À un degré moindre, le CU a aussi des liens avec les allemands de Sankt Pauli Hambourg et du FC Nuremberg, ou encore avec les Polonais de l’ Arka Gdynia, les Biris Norte du FC Séville et les Bukaneros du Rayo Vallecanos…


Les Ultras continuent d’être aujourd’hui encore et toujours présents, au Vélodrome, en France et en Europe. Malgré tout, les premiers signes de dissensions internes apparus dès 1999 avec un noyau dissident qui en désaccord avec la « politique » menée par les dirigeants de l’époque, créera la « Cosa Ultra’ » ont ensuite amené une scission au sein du Conseil d’Administration (Le CU est une association dite Loi 1901) de l’Association.


La décision sera ainsi approuvée de confier aux Ultras Marseille la gestion complète du groupe sur la base du bénévolat impliquant l’arrêt du partenariat établi avec la boutique « Virage Sud » et surtout de rapatrier l’ensemble des activités de l’association au local du Boulevard Rabatau.


Le 30 août 2009 pour la réception de Bordeaux au Stade Vélodrome, le CU a fêté ses 25 ans. 


« L’histoire continue »…

Commando Ultra' 84 : un Mythe, une Foi, un Combat (Vol I)









Août 2009, le Virage Sud fête le 25ème anniversaire du Commando Ultra’. Il en aura fallu de la volonté pour imposer à une France historiquement sans véritable culture footballistique populaire  cette (nouvelle) façon de supporter son équipe, cet amour fait d’excès et de passion qui pour ceux qui n’en connaissent pas les codes peut paraître violente et extrémiste…


La grande histoire du Commando Ultra’ commence officiellement le 31 Août 1984, alors que l'OM reçoit le Matra Racing du Président Lagardère. Il est à noter qu’à cette époque, la majorité des supporters marseillais issus des quartiers populaires et ouvriers se retrouvent dans le Virage Nord.


Le mouvement Ultra’ prend évidemment son origine en Italie et le nom de Commando Ultra’ est tiré plus précisément du Commando Ultra’ Curva Sud de l’AS Rome et du Commando Ultra’ Curva B du SSC Naples.


Quelques semaines plus tard, aura lieu le premier déplacement du groupe lors d’un PSG-OM au Parc des Princes. À cette période, de nombreux supporters marseillais font partie de la « mouvance » ultra, sans avoir toutefois encore de liens officiels avec le Commando Ultra’. La 1ère bâche "Commando Ultra Curva Nord" apparaît au Virage Nord en décembre 1984, lors d’un OM – Toulon, un nouveau « derby » de la Méditerranée qui provoquera durant plusieurs années de violents affrontements entre supporters des deux camps. Le F.U.W (Fanatics.Ultras.Winners) organisera d’ailleurs quelques années plus tard un déplacement resté mythique en bateau de Marseille à Toulon avec abordage du Port toulonnais par les « pirates » marseillais.


Lors de la saison 1985/86, le groupe change d’emplacement et intègre le quart de virage Ganay Nord ,plus précisément sur la droite, entre la bouche d'accès et le grillage de séparation. Les évènements du Heysel et de multiples incidents et affrontements principalement en Italie et en Angleterre font que l’appellation "Commando" et « la tête de mort » qui sert d’emblème au groupe sont proscrites du Vél par des autorités sportives et judiciaires apeurées et sans véritable réponse et connaissance du phénomène ultra’.


Le Commando Ultra’ change « officiellement » son nom en « Ultras Marseille » et  remplace son premier emblème par la « main de Zeus » référence à l’origine grecque de la citée phocéenne.


Malgré tout, fort de plus de 150 abonnés, le groupe investit la partie « pesage » du Virage Sud lors de la saison 86/87 qui débute par un OM – Monaco dans un Vélodrome en ébullition et bondé jusqu’au toit de la Tribune Jean Bouin. Pour des raisons pratiques de cohabitation avec les supporters « traditionnels» le groupe rejoint ensuite le haut du « pesage » en arborant une bâche «Brigades Ultras» qui précède celle du « Commando Ultra’ » encore utilisée aujourd’hui. C’est cette même saison que sera organisé à Split, le premier déplacement en Coupe d’Europe des Ultras. Depuis ce match, la bâche « Ultras » utilisée pour les déplacements sera présente sans discontinuité dans tous les stades européens pour chaque match de l’OM.


La saison se termine par un déplacement au Parc des Princes pour la finale de la Coupe de France, qui donne lieu au premier « tifo géant » mis en place lors d’un match hors du Vélodrome.


En 1988/89, le Parc est en nouveau envahi par plus de 30 000 marseillais qui assistent à une victoire Olympienne permettant à l’OM de réussir son deuxième doublé Coupe/Championnat. Le Virage Sud est devenu la place forte et la référence du mouvement ultra français , et de nombreux groupes se créent partout en France sur les bases posées par les Ultras marseillais.


La saison 90/91 qui permet au CU de dépasser le chiffre symbolique de 1000 abonnés est marquée par les déplacements historiques à Milan, Moscou ou encore Bari pour la première finale de Coupe d’Europe jouée par le club Phocéen…


Un véritable exode vers le sud de l’Italie, avec un voyage en train de plus de cinquante heures aller/retour, ou encore pour d’autres des avions qui atterrissent à Brindisi sur des portions d’autoroutes, faute d’aéroports suffisamment grands pour accueillir tous les vols en provenance de Marseille. Lors du voyage retour, des affrontements auront sporadiquement lieu dans certains trains, avec les carabiniers italiens jusqu’à Vintimille, et après la frontière à la Gare de Nice.


Le groupe continue de s’organiser et en Novembre 1991, il décide de se déplacer vers le bas du Virage dans « le nouveau pesage » juste derrière les cages, qui demeure toujours à ce jour son emplacement, même si les travaux fait lors de la Coupe du Monde 98 ont modifié la configuration du Virage Sud. Cette saison est marquée par le drame de Furiani en Mai 1992, et par de violents affrontements lors des matchs contre Toulon, St Etienne et le PSG.


La saison 1992/93 marque le début des « tensions » entre les différents groupes de supporters marseillais. Aux Ultras sont venus se rajouter en Virage Sud les South Winners et les Fanatics rassemblés jusqu’alors sous l’appellation historique et restée mythique de « F.U.W », qui regroupait sous une même bannière les différents groupes marseillais dans un projet unitaire, à peu près semblable à ce qui avait été fait en Italie avec le CUCS à Rome ou le CUCB à Naples…


Cette saison reste toutefois mémorable, avec des déplacements inoubliables du CU à Glasgow et à Bruges, et bien évidemment, le 26 Mai 1993, jour de victoire en Ligue des Champions où plus de 1200 Ultras se déplacent à Munich parmi les 24 000 marseillais présents ce jour béni par tous les saints marseillais (entre autres, St Mario, St Gunnar, St Josip, St Carlos, sans oublier le désormais inoubliable St Basile…)


(à suivre)

Orvietana Calcio : 1910 – 2010, un centenaire biancorosso…



Petit déplacement vers l’Italie « profonde », dans la région de Umbria (Ombrie) pour un voyage en Série D, loin très loin du « Calcio Moderno ».


Les débuts officiels des activités de l'Unione Sportiva Orvietana (USO), remontent à l’année 1910 lorsque quelques jeunes « orvietani » participèrent à un concours régional d'éducation physique qui se déroulait à Rieti et y découvrirent un nouveau sport jusqu’alors inconnu à Orvieto en Ombrie…

Ce n’est cependant que trois ans plus, le 11 février 1913 que l'Unione Sportiva Orvietana fut officiellement fondée avec comme premier Président élu le Comte Vittorio Ravizza qui le 10 août de la même année arbitra le premier match de football joué à Orvieto.
Il fallut encore un peu de temps, presque une trentaine d’année en fait, pour que lors de la saison 1929 - 1930, sous l’influence de l’emblématique Président Luigi Muzi, l’Orvietana participe à son premier championnat officiel en troisième division régionale…
Après des périodes d’inactivités, l’Orvietana redémarra en 1941 en Première division régionale, mais la seconde guerre mondiale interrompit bien évidemment encore une fois l'activité de l'équipe à laquelle, Luigi Muzi « redonna vie » en 1945. Trois ans plus tard, en 1947 - 1948, l' US Orvietana connu le meilleur moment de son histoire avec la victoire en championnat de Première division qui propulsa l'équipe en Série C, mais sans pouvoir s’y maintenir toutefois…
Les années ont passé pour le « petit » club d’Orvieto, avec quelques hauts et beaucoup de difficultés, notamment dans les années 80. C’est l’arrivée à la Présidence de Vincenzo Palmieri qui permettra à l’Orvietana de renouer avec les victoires comme en 1992 - 93, lorsque les « biancorossi » remportèrent le championnat de promotion sans aucune défaite, en établissant le record de points pour un championnat régional.
C’est à la fin des années quatre-vingt-dix que les statuts furent modifiés et que l’Associazione Sportiva Orvietana succéda à la dénomination historique d’Unione Sportiva Orvietana.
La saison 1994 – 95 fût celle du retour en Série D sous la Présidence de Domenico Pizzardi, avec la parenthèse financière de l’homme d’affaire Italien, Giancarlo Parretti (né à Orvieto le 23 octobre 1941) ancien Président du Groupe Pathé, qui rachètera ensuite dans des conditions controversées la Metro-Goldwyn-Mayer…
Aujourd’hui le club est dans le Groupe E de la Série D (équivalent CFA2) après une saison difficile en 2005 - 06 qui verra le club sauvé de la rétrogradation grâce à l’intervention de la Fédération et tourner une nouvelle page de son histoire en passant de l’Associazione Sportiva Orvietana à l’actuelle Orvietana Calcio qui fêtera l'année prochaine son centième anniversaire.
Saison que l’Orvietana Calcio a débuté par un match nul à domicile face à Calenzano (0-0), avant de perdre lors de la deuxième journée à Scandicci (1-0). Les hommes de l’entraîneur Fabrizio Fratini se sont repris en obtenant leur première victoire à domicile face à Sansepolcro (1-0) suivi d’un nul « encourageant » à Terni face au Sporting (0-0). Depuis la saison a été plutôt décevante, surtout à domicile d’ailleurs où avant de l’emporter le week-end dernier face à M.Rotondo (2-1) l’Orvietana restait sur six matchs sans victoire dont trois défaite d’affilées entre la 5ème et la 9ème journée…
Résultat une 12ème place au classement (sur 18) avec 20 points au compteur, soit cinq points de retard sur Forcoli (actuel 5ème) que les biancorossi iront affronter lors de la reprise le 10 Janvier prochain…
Vieni a veder Montecchi e Cappelletti, Monaldi e Filippeschi, uom sanza cura: color già tristi, e questi con sospetti ! (Dante Alighieri, La Divina Commedia, Purgatorio, Canto VI)

mercredi 23 décembre 2009

West Ham United : The working-class football institution…(III)

West Ham United s'appuyait historiquement sur une réalité sociale qui l’avait amenée depuis sa création en 1895 à demeurer la propriété d'une même famille de la bourgeoisie industrielle Londonienne, qui en a assuré sans interruption la direction jusqu’au début des années 90…

mardi 22 décembre 2009

Livourne : La Curva Nord soutient l’agresseur de Berlusconi…



Les orientations politiques clairement à gauche (et plus) des ultras de Livourne sont bien connues, aussi rien d’étonnant à ce que dimanche dernier lors de Livourne - Sampdoria, des chants aient retenti de la Curva Nord en hommage à Massimo Tartaglia, l’homme qui a agressé le premier Ministre Italien...

Ce sont tout d’abord des banderoles qui ont été brandies avant que la Curva ne commence à lancer des chants de soutien à Massimo Tartaglia, l'homme présenté comme déficient mental qui a agressé et blessé à Milan, Silvio Berlusconi.

Certains plutôt ironiques "Spinelli compraci Tartaglia", (Spinelli achète-nous Tartaglia), d’autres, plus politiques comme "Tartaglia uno di noi" (Tartaglia un des nôtres)

Pour rappel le Président du Conseil Italien a reçu un coup de la part d'un homme dimanche à l'issue d'un meeting à Milan. À l'issue d'un discours du Cavaliere derrière la place de la Cathédrale, un homme s'est approché du président du Conseil qui prenait un bain de foule et lui a lancé une petite statue du célèbre "Duomo" dans le bas du visage. L'agresseur, Massimo Tartaglia, 42 ans, suivi depuis dix ans pour des problèmes psychiatriques, a été arrêté….

Connaissant les tendances politiques marquées des supporters amaranti (communistes léninistes), tout le monde pouvait s’y attendre, sauf l’arbitre qui a ressenti la nécessité de suspendre le match deux minutes, notamment après l’explosion de bomba carta (bombes agricoles) du côté des ultras livornesi…

Livourne n’est pas un cas isolé, puisque plus bas en Italie, en Calabre, plus précisément à Cosenza, du côté de la Curva Nord, les ultras rossoblù, eux aussi politiquement ancrés à gauche, et à l’initiative comme les Brigate Autonome Livornesi du « Fronte di resistenza ultras » (avec les ultras de la Ternana, d’Ancona, de Casertana et de Savona) ont affichés d’autres banderoles sur lesquelles il était inscrit : “siamo tutti Tartaglia” (Nous sommes tous des Tartaglia)…

Sans crainte du ridicule, le Ministre de l’Intérieur Italien, Roberto Maroni (l’homme qui veut encarter tous les tifosi) a comparé ça aux chants racistes entendus (parfois) dans les tribunes Italiennes et encore dimanche au Stadio Comunale de Turin lors de Juventus – Catane…

lundi 21 décembre 2009

Biris Norte, Una Pasión por Estos Colores



Les chants, « l'algarabía » et l'appui constant quel que soit le score au tableau d’affichage sont les principes immuables qui caractérisent un des groupes les plus passionnés et fervent du football espagnol, les Biris Norte du FC Séville, l’un des plus anciens et des plus actifs aussi…
Le nom « Biris » vient d’une perle noire, pas un diamant, non, un joueur gambien, Alhaji Momodo Nije * (né le 30 Mars1948 à Banjul, Gambie), surnommé « el rutilante Biri-Biri » qui joua à Séville de 1973 à 1978, devenant durant l'année 1975 l’idole des aficionados du grand club sévillan.
À cette époque, les supporters sévillans avaient besoin de s’identifier à une étoile, à un joueur qui les ferait vibrer et qui représenterait leurs ambitions, eux qui rêvaient de faire respecter leur « sevillismo » dans tous les stades d’Espagne et surtout dans le « Gol Norte del Sñanchez-Pizjuán ».
Durant plus d’une année, ce groupe de supporters s’organisa sans aucun caractère officiel. Peu à peu il se structura jusqu'à ce que se forme une première direction composée de « Paco el Peluca » et « El Colombo », respectivement président et vice-président.
À partir de ce moment, les réunions deviennent régulières, le groupe se structure et les chefs des Biris commencent à développer leurs idéaux politiques de gauche et à représenter leur groupe auprès des autres « penas » sevillistas. Cette 1ère étape du groupe s’étend jusqu’en 1977. 31 ans plus tard, cet état esprit perdure…
Actuellement, Biris Norte est indiscutablement le plus grand groupe ultra d'Andalousie et l'un, si ce n’est le meilleur du territoire ibérique. Il possède une assise sociale de plus en plus importante et des effectifs qui dépassent les 2000 membres.
Lors de chaque match au Sánchez-Pizjuán les « Biris » créent une ambiance unique ! Biris Norte est beaucoup plus qu'un simple groupe ultra’, ce sont des hommes qui donnent (de) leur vie pour Séville, qui s’impliquent dans le domaine social, qui continuent de croître jour après jour et qui sont vitaux pour les intérêts du « Sevillismo ».
*Alhaji Momodu Njie est l'homme qui a mis la Gambie sur la carte du football il y a 30 ans. Plus populairement connu sous le surnom de « Biri Biri », Njie est toujours un nom connu et reconnu partout en Gambie et il reste considéré comme le meilleur footballeur que le pays ait jamais produit.
« Biri Biri » a été le premier Gambien à jouer dans un club professionnel hors Afrique quand il signa pour le club danois B.1901 Nykobing en 1972 avant de rejoindre un an plus tard 1973 le FC Séville où il devint l’idole des supporters sévillans.
En 2000, il a été décoré de l'ordre du mérite par le Président gambien Yahya Jammeh.

vendredi 18 décembre 2009

Napoli : «Teste Matte» et «Niss», les sigles de la violence…


Groupe historique ou « sécessionniste», ils représentent la nouvelle identité de la « tifoseria » Napolitaine, celle de la Curva A (virage) du San Paolo, intransigeante, violente  et radicale, « Rispetto per tutti.....pietà per nessuno »…

«Teste Matte» et «Niss», acronyme de «Niente Incontri Solo Scontri», le slogan historique  des TMN, deux groupes étroitement liés, le second étant née du premier après une scission rendue inévitable, suite à une dissension interne parmi les capi des Teste Matte, un des groupes historiques de la Curva A fondé en 1987, et composé alors d’une cinquantaine de membres issus principalement de Quartiere spagnolo, de Pianura, Quarto, Montesanto et pour certains de Cavone ou de Pallonetto di Santa Lucia…

La légende veut que les Teste Matte soient fondés en 1987 de l'association d’une frange de tifosi ultras présente généralement dans les zones centrales de la Curva A du stade San Paolo. Au premier cercle, viendront rapidement se joindre d’autres tifosi du Napoli pour atteindre 300 à 400 membres, pour la plupart (déjà) biens connus de la Police, notamment pour des agressions, vols et des délits liés aux trafics de stupéfiants…

Du groupe émerge un véritable capo charismatique, Ciro Castaldo, surnommé « Ciro Ciro », neveu du « parrain » des Quartieri Spagnoli, Ciro Mariano. Avec l’appui de son oncle, « Ciro Ciro » organise avec des membres des TMN un trafic de cocaïne dans la zone de la Pignasecca à Montesanto, qui devient rapidement une véritable « branche » du clan Mariano, opérant dans toute la zone de Montesanto…

En quelques années, Ciro Castaldo est reconnu comme « capocamorra » chef d'un clan criminel redoutable et respecté dans les Curve de San Paolo comme dans les ruelles napolitaines. « Ciro Ciro » et son frère, Francesco, surnommé « Ciccio » impliqué dans différents homicides, vont cependant faire l’objet vers la fin des années 90 des enquêtes lancées par les juges anti-mafia qui amèneront le démembrement définitif de l'organisation. Ciro Ciro se repentira en 2001, son frère Ciccio en 2006…

Jusqu’à la fin des années 90, le mouvement ultra’ napolitain est avant tout festif et sous l’emprise du Commando Ultrà Curva B de Gennaro Montuori alias « Palummella ». L’ambiance à San Paolo reste magnifique même si les résultats sportifs ne sont plus ceux de l’ère Maradona, mais le club s’enfonce petit à petit vers les tréfonds du classement, jusqu’à disparaître de la Série A, jusqu’à pratiquement disparaître tout simplement…

C’est durant cette période « troublée » pour le club et son environnement, que vont s’affirmer de nouveaux groupes jusqu’alors « groupuscules » de la Curva A et cette affirmation se fera par la violence. Parallèlement à la perte d’influence des Ultras de "Palummella" sont ainsi apparus de nombreux groupes tels que les Vecchi Leoni, Skizzati, Brigate Carolina, Masseria Cardone, Platoons, Autonomia, Kaos, Avanguardia, Mastiffs…

Le premier incident violent lié aux Teste Matte désormais (officiellement…) sortis de l’emprise de la Camora et recentrés sur le mouvement ultra’, remonte à l’année 2000 quand un inspecteur de police est gravement blessé à la tête lors d’affrontements entre le groupe et les carabinieri avant un match Cesena – Napoli.

Depuis lors, chaque match, chaque déplacement ne seront  pour les TMN, que violences et affrontements. Comme en 2002 quand ils bloquent une autoroute pour attaquer des tifosi de la Reggina qui voyageaient en direction opposée, où encore, l'agression d’un carabinier en 2004 après un Napoli – Hellas Vérone, l’attaque d’un minibus transportant des tifosi de la Lazio en 2005 sur une autoroute à pleine vitesse, à coup de fusées et de « bomba carta » (bombes agricoles) destinées à faire « tout simplement » sortir de la route les « ennemis » honnis de la Capitale…

C’est à partir de 2007, qu’un capo des Teste Matte, Dario Di Vicino, quitte le groupe en conservant la bâche « Niss » (Niente incontri solo scontri) brandie lors de tous les déplacements des TMN. Ce sera le nom de ce nouveau groupe, qui ne tardera pas à se faire connaître et craindre, puisque dès le début de la saison 2007/2008 (le 2 septembre 2007) sur la route menant à Udine, où se déplaçait le Napoli, le Niss croise et s’attaque à un groupe de tifosi de la Ternana. Les affrontements feront 5 blessés dont un ternano hospitalisé et 49 tifosi seront interpellés...

Si cette scission (plus ou moins officielle), n’avait jusqu’alors pas causé de graves problèmes internes, certains membres des TMN ont à l’occasion de la mort de l’ultrà biancoceleste Gabriele Sandri vivement critiqué Dario Di Vicino, pour avoir « excessivement » familiarisé avec les laziali et les romanisti…Ce qui n’empêche pas les frères Proietti  (qui dirigent les TMN avec les frères Nota) de discuter, comme l’ont révélé des écoutes téléphoniques de la DIGOS, avec des capi des Irriducibili de la Lazio auxquels s’étaient joints dans la Capitale, des membres de «Tradizione e Distinzione» un groupe ultrà de…la Roma afin d’étudier une stratégie commune face aux mesures répressives du Gouvernement…

D’ailleurs, même les pires affrontements, même les pires haines ne doivent pas faire oublier les « codes d’honneur » entre groupes ultras. Ainsi, alors qu’en mai 2007, sur la station d’autoroute de Cantagallo, des TMN « massacrent » un ultrà du Hellas Verona, extrait de force de l'habitacle de sa voiture, on sait (là encore par des écoutes téléphoniques) que l’arrestation d’un « teppista napoletano » sur dénonciation d’un tifoso veronese présent lors des affrontements a valu à Riccardo, un capo ultrà gialloblù, de présenter ses excuses à Giuseppe Nota, un des capi des Teste Matte pour le comportement « inacceptable » d’un des siens selon la « mentalita ultrà »« Nemici da sempre e per sempre, infami mai » !

Aujourd’hui les Teste Matte, représentent la faction la plus extrême du mouvement ultrà Napolitain, avec un noyau d’environ 300 membres, une  nouvelle génération qui a pris la relève (moyenne d’age, 25 ans) et qui provient essentiellement du « Quartiere spagnolo » de Naples.

Son fonctionnement est quasi « clanique », voire « sectaire », tout prétendant doit pour intégrer le noyau dur du groupe (dé)montrer son courage lors d’affrontements durant de longs mois avant de pouvoir prétendre à être accepté. Peut-être que nul autre groupe que les TMN guidés par les frères Proietti et Nota ne pourrait ambitionner aussi bien de réussir à joindre les paroles aux actes s’agissant de leur slogan historique (déjà évoqué) « Niente incontri solo scontri »…


Violenza e omertà restent donc les maîtres mots des virages parthénopéens, composés aujourd’hui de 12 groupes parfois constitués en sous groupe comme en Curva A, les Niss, issus donc des Teste Matte, les Mastiffs, Brigata Carolina, Fossato Flegreo, Vecchi Lions, Sud, Rione Sanità, Bronx et Nuova Guardia auxquels se rajoutent en Curva B : les Ultras´72, Ideale Ultras, et le (mythique) Fedayn (EAM)…